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L'âge de Bouhmara

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L'âge de Bouhmara

Par Boulahba Abdel Abdel aziz

  

Que se passe-t-il au Maroc en ce début de XXe siècle ? D'abord les caisses du Trésor marocain sont vides.
Le Maroc ne se remet pas de sa défaite contre l'Espagne en 1860 et de la lourde indemnité (100 millions de pesetas) qu'il lui a fallu payer.

Depuis la mort en 1894 du grand sultan Moulay Hassan Ier, les sultans Moulay Abd el Aziz et Moulay Hafid (que les Marocains appellent « les rois mabouls ») sont dans l'incapacité de gouverner le pays.

Les exactions des tribus marocaines sur notre frontière algérienne sont quasi quotidiennes, amenant le général Lyautey, en poste à Aïn Sefra dès 1903, à intervenir militairement en occupant Béchar, Berguent... Depuis la conférence de Madrid en 1880, l'affaire marocaine s'est internationalisée. Mais le commerce fonctionne, les navires se pressent en rade foraine de Casablanca. Les nations européennes se surveillent de près pour ne pas laisser l'une d'entre elles prendre plus ou trop
d'emprise sur ce commerce. Chacune de ces puissances, comme on dit alors, essaie de se tailler une tranche de ce malheureux pays.

L'Allemagne qui, jusque-là, se désintéressait du Maroc et de l'Afrique du Nord (laissez le coq gaulois gratter le sable du Sahara ! sous-entendu, comme ça, il pensera moins à l'Alsace et à la Lorraine), prétend avoir de gros intérêts dans le Sous (la région d'Agadir) où elle a 4... ressortissants! Le Kaiser débarque en visite officielle et inopinée à Tanger le 31 mars 1905 et se porte garant de l'intégrité territoriale de l'Empire chérifien. C'est un véritable acte d'hostilité qui nous impose la Conférence d'Algésiras en 1906.

L'Angleterre n'a d'yeux que pour Tanger et/ou Ceuta, qu'elle craint de voir concurrencer son Gibraltar et contrôler le détroit. Mais elle a aussi des agents actifs (le pseudo-caïd Mac Lean par exemple) qui lui assurent une place importante au point de vue politique.

L'Espagne considère, depuis la Reconquista, le Maroc comme sa chasse gardée. Elle y entretient des « présides » Ceuta, Melilla, etc... Elle a refusé, en 1902, un accord (secret), délimitant une zone espagnole au nord du Sebou, par crainte des réactions de l'Angleterre.Quant à la France qui a imposé son protectorat à la Tunisie, elle a des vues assez nettes sur le Maroc, ne serait-ce que pour avoir la paix sur ses frontières algériennes.
Il faudra bien pourtant que tout ce monde-là se mette d'accord ! C'est ce que commence à faire Delcassé, ministre des Affaires étrangères, en concluant avec l'Angleterre la fameuse « Entente Cordiale » (devenue vitale devant l'essor du pangermanisme).

La France laisse les mains libres à l'Angleterre en Egypte, renonce à certains droits de pêche à Terre-Neuve (1) en échange de sa liberté d'action au Maroc. La Conférence d'Algésiras semble, en 1906, promettre quelques réformes dans le sens d'une modernisation du pays et d'un pas vers le calme. Une police est réorganisée par les Français, les Espagnols et les... Suisses. L'armée est à l'instruction avec des officiers anglais et français.Pour arranger les choses, en 1903 un Rogui(2), Bout Amara (l'homme à l'ânesse) se lève dans le Rif qui met Fez en péril depuis son fief de Taza.
Arrive pour le Maroc, la funeste année 1907. Le 19 mars, le docteur Mauchamp, qui tient un dispensaire installé par le ministère français des Affaires étrangères à Marrakech, est assassiné. En représailles, les troupes françaises, sous le commandement du général Lyautey, occupent Oujda.
.En août de la même année, des tribus excitées par des fanatiques, massacrent des ouvriers qui travaillent à la construction du port de Casablanca et la menace qui pèse sur la petite communauté européenne amène la France (et avec une très faible participation l'Espagne) à entreprendre une nouvelle opération, bombardant copieusement Casablanca, débarquant des troupes et l'occupant ainsi que les environs (2) pour protéger les populations.

Durant les années 1908 à 1910, l'anarchie continue de régner en dehors de la zone occupée par la France. Le sultan Moulay Abd el Hafid, au nom de la guerre sainte contre les « Infidèles » (entendez par-là les Français qui occupent depuis 1907 Oujda et Casablanca), a déboulonné son frère Moulay Abd el Aziz (qui, entre parenthèses, n'était pas un mauvais bougre et que la France a eu la lâcheté de laisser tomber). Par ailleurs, il lui est reproché, n'ayant pas renvoyé tous les roumis du Maroc, d'être un mauvais musulman. Au point de vue politique, l'anarchie est partout. Les mehallas chérifiennes qui sont l'armée marocaine, ne sont, malgré la présence d'instructeurs de la Mission militaire française, qu'une foule hétéroclite, souvent en guenilles, mal encadrée, peu ou pas payée.

1909 voit la capture du Rogui qui, transporté dans une cage de fer, est mis à mort à Fez, dans des conditions particulièrement barbares. Tous les consuls protestent... L'anarchie est toujours là et... les Européens aussi. Le sultan est pris dans une spirale infernale : il lui faut de l'argent pour payer et réorganiser son armée, mais les Etats européens se font tirer l'oreille (la France entre autres) pour lui consentir des prêts. Alors il lève de nouveaux impôts, y compris dans les tribus « guich » (3) qui, jusque-là, en étaient dispensées.
Début 1911, les tribus, en particulier les Arabes guich des Cherarda, au nord-ouest de Fez, qui sont littéralement pillées par le ministre de la Guerre de l'époque, le Glaoui, comi mencent à s'énerver: elles refusent l'impôt et entrent en rébellion ouverte.
Une harka est envoyée pour les mater. Les Cherarda réussissent à entraîner dans leur rébellion d'autres tribus berbères des environs de Fez : Saïs, Aït Youssi Béni M'Tir, Guerouane, etc... C'est la guerre civile au Maroc. Fin mars, on parle d'évacuer les Européens de Fez, mais il est déjà trop tard, la piste de Tanger n'est plus sûre. La situation devient grave et le gouvernement français commence à s'en préoccuper. M. Cruppi, président du Conseil, informe les puissances européennes de la situation et de son intention d'intervenir au Maroc. Il ne rencontre pas beaucoup d'échos favorables et n'insiste pas, ne voulant pas donner à l'intervention - comme pour l'opération chinoise - un caractère international, considérant sans doute le Maroc comme devant lui revenir (!).

À Fez, la situation s'aggrave, les troupes n'ont presque plus de munitions et les assauts des tribus deviennent de plus en plus mordants. Le consul de France à Fez, M. Gaillard, fait savoir que si le sultan est vaincu par les tribus, la vie de tous les Européens ne serait plus garantie car le mouvement berbère est essentiellement xénophobe. Le sultan, d'ailleurs, craignant pour sa vie, demande l'intervention de la France.

Le 17 avril, le gouvernement français, prenant acte de cet appel au secours, se décide à faire envoyer du ravitaillement et des munitions à partir de Casablanca, par une colonne volante mixte, c'est-à-dire soldats français et troupes marocaines prélevées en Chaouïa... Le tout constituant une « colonne légère ».

Le général Moinier, commandant en chef des troupes d'occupation, est défavorable à cette colonne légère (qui n'aura de légère que le nom, dit-il), qui devrait acheminer de grosses sommes d'argent pour payer les réguliers, 800 obus, 400 000 cartouches, sans compter les vivres.

Mais il faut tenir compte des distances : Fez est à 300 km, douze bonnes étapes de Casablanca et il faudra un minimum de 20 000 hommes pour assurer la progression dans des conditions de sécurité acceptables. Des renforts sont donc envoyés, qui embarquent à Alger.Prélevés sur l'Armée d'Afrique, ils comprennent des zouaves, des tirailleurs algériens (turcos), des spahis et chasseurs à cheval, des troupes coloniales, du train des équipages, de l'artillerie et, bien entendu, des légionnaires... qui débarquent à Casablanca dans des conditions très difficiles, avec des barcasses.

Le 21 avril, l'ordre est donné de commencer la progression en installant à Bou Znika, à 40 km de Casablanca, la tête de la colonne légère. Le 25, tergiversations du gouvernement qui craint des compli-cations diplomatiques quant au passage à travers une ville importante comme Rabat. Pourtant, le passage de Rabat s'effectue sans incident, ni avec les populations locales, ni sur le plan diplomatique. La France ayant fait largement savoir aux puissances que nous ne ferions que passer pour porter secours aux colonies étran, gères et ceci, sous l'autorité du sultan, et qu'il ne s'agissait pas d'une
occupation (!).

Ce n'est donc pas une opération facile mais tous les moyens sont bons pour franchir l'oued Bou Regreg. On voit des mulets traverserà la nage, certains même tirant une barque derrière eux! Pour la cavalerie et l'artillerie... c'est un peu plus compliqué, il faut construire des radeaux, voire des pontons.

Le tout passe le 27 avril, sous l'œil attentif du colonel Brulard qui a en charge l'acheminement de la colonne d'avant-garde. Le général Moinier vient, ainsi que le consul de France à Rabat, M. Leriche, assister au passage des troupes. Pendant ce temps, une proclamation est adressée aux tribus, par les chorfas, et distribuée puis lue dans les mosquées: « Ô croyants, des gens de désordre se sont élevés parmi vous, ils vous ont enivrés avec l'odeur de la poudre et captés avec leurs mensonges...
Refroidissez vos esprits, ô Musulmans et écoutez la vérité. Oui nous avons débarqué un grand nombre de soldats et de canons, non pour conquérir des terres dont nous avons assez... Ce que nous voulons, cest que nos frères européens qui vivent au milieu de vous, cessent d'être menacés dans leurs vies et dans leurs biens...
».

Le 1er mai, la colonne s'ébranle vers Kenitra, entre l'océan et la forêt de Mamora, d'où les rebelles l'attaquent très durement à Dar el Aroussi. On peut juger de la difficulté qu'il pouvait y avoir à acheminer les impedimenta de cette troupe, en voyant la lon-
gueur des caravanes comprenant plus de 2000 chameaux, plusieurs centaines de mulets, les cavaliers et hommes de troupe..., qui s'étirent sur plusieurs kilomètres, prêtant le flanc à toutes les attaques des tribus.

Le 3 mai, la colonne du colonel Brulard toute entière est rassemblée à Kenitra. C'est elle qui doit être le premier échelon de l'opération. C'est le principal bivouac et point d'appui de la colonne. Le général Moinier obtient l'aide de la Marine pour établir une tête de pont de ravitaillement à Méhédya, à l'embouchure de l'oued Sebou, raccourcissant ainsi de 130 km le trajet des approvisionnements. Un vaste entrepôt est alors créé dans la vieille casbah portugaise. Des rotations de navires s'établissent à partir de la rade foraine à l'embouchure de l'oued Sebou.

Un hôpital de campagne est même aménagé dans la casbah, où seront soignés les malades et les blessés de la colonne. Il faut noter qu'il y fut traité beaucoup plus de maladies (dysenteries, paludisme, typhoïde et typhus) que de blessures de guerre.
Mais pensez au supplice qu'ont enduré ces malheureux, évacués sur des dizaines de kilomètres, dans des arabas (4) ou des cacolets (5). Le vieux « Vinh Long », qui était transport de troupes, est transformé en navire-hôpital pour rapatrier les patients vers la métropole.

Pendant ce temps, la situation à Fez devient de plus en plus critique, vivres et munitions font défaut. Le sultan Moulay Hafid considère la partie comme perdue pour lui si les Français n'arrivent pas. D'autant plus que les tribus en rébellion ont proclamé
(un peu malgré lui, il faut le reconnaître), un nouveau sultan à Meknès, en la personne de Moulay Zine, frère de Moulay Hafid.

À Paris, l'opinion s'inquiète sérieusement; le gouvernement décide alors d'envoyer des renforts d'Algérie et même de Dakar, et ne comprend pas la lenteur de Moinier.

Le 10 mai, la progression reprend vers Mechra Remia et Lalla Ito où un poste important est installé, doté même d'un appareil de TSF. Mais la région est entourée de marécages et les soldats paieront un lourd tribut au paludisme. Une anecdote concerne les actes de courage de quatre légionnaires qui bloquent à eux seuls, à la baïonnette, l'accès au camp. Le légionnaire Kristian, sur le point de succomber, sabote son arme pour qu'elle ne tombe pas aux mains de l'ennemi. Le 18 mai, le général Moinier
repart vers Fez, par Sidi Gueddar, traversant plusieurs petits oueds, dans des conditions très difficiles, surtout pour l'artillerie. Puis c'est le franchissement de l'oued Beth, un des principaux affluents du Sebou qui doit être passé à gué. Et toujours ces caravanes qui s'étirent le long des pistes sur plusieurs kilomètres, sans cesse attaquées par les tribus en révolte. Enfin Sidi Gueddar, où le passage de l'oued R'dom qui dure six heures, est encore plus difficile que celui du Beth.

Le 19 mai, la colonne avancée traverse le col du Zegotta où elle est très vivement accrochée par les tribus, sans que ces attaques arrivent à ralentir sa progression et, le 21 mai, débouche sur la plaine de Fez, plaine du Saïs, totalement vidée des assié-
geants qui se sont dispersés voyant l'importance de la colonne, et sont repartis vers leurs montagnes.

La troupe arrive en bon ordre sous les murs de Fez « accueillie avec reconnaissance et allégresse, tant par les français, les Européens de la ville, que par le Maghzen envoyé en délégation par le sultan à la rencontre du général Moinier; Moulay Abd el Hafid fait demander, ce qui est contraire au protocole chérifien, quand il plairait au général d'être reçu au Palais ». La troupe prend alors ses quartiers à quelques kilomètres de la ville, dans des jardins entourant une résidence d'été du sultan, à Dar Debibagh, d'où on voit la ville de Fez et la montagne du Zaïagh qui la domine. La colonne de Fez a atteint son but avoué.

La colonie européenne est sauvée. Le pillage de la ville par les tribus révoltées est évité et le sultan lui aussi tiré d'un mauvais sort probable car, si on se rapporte aux habitudes locales, il est fort probable que Moulay Zine, sultan insurrectionnel nommé
par les tribus, ne lui aurait pas fait de cadeau ! Le sultan Moulay Hafid remercie le gouvernement de la République française de l'appui précieux que ses troupes lui ont prêté et, au cours d'un entretien privé, demande au général Moinier de châtier les tribus Béni MTir, instigatrices du siège de la ville et d'ouvrir la communication directe entre Fès et Rabat, à travers les tribus Zemmour et Zaër. La ville est dégagée dans les jours qui suivent par Gouraud au nord et Brulard au sud (vers Bahlil). Puis Moinier se dirige vers Meknès et contraint le sultan insurrectionnel Moulay Zine à l'abdication (il ne demandait d'ailleurs pas mieux) puis ouvre, en combattant, la route Fez-Meknès-Khemisset-Tinet, Sidi Allai el Baraoui-Rabat. Ce sera la première fois de l'histoire du Maroc qu'un sultan pourra aller de Fez à Rabat, sans se heurter aux farouches Zemmours et Zaërs.

Que doit-on retenir de cette expédition? Quatre niveaux de réflexion: sur le plan moral, sur le plan militaire, sur le plan politique et diplomatique, sur le plan de la politique coloniale de la France.

Sur le plan moral (humanitaire)

II est indubitable, quoiqu'en pensent certains esprits (par exemple, la réflexion du Chancelier allemand « la révolte est dirigée contre le sultan, non contre les Européens ! »),que si les tribus révoltées avaient occupé Fez, le pillage et les massacres n'auraient épargné personne, ni les Fassis, ni les Européens, ni même le sultan. Il n'est, pour s'en persuader, que de voir à quelles exactions se sont livrés les mutins excités par la population de Fez en avril 1912... L'opération humanitaire a donc été un succès. Mais comme nous l'avons déjà dit, cette intervention était, sinon prévue, du moins souhaitée depuis bien longtemps. Le sauvetage des Européens et du sultan semble, en fait, en avoir été le détonateur ou le prétexte.

Sur le plan militaire

Là aussi le succès a été réel. Le général Moinier a mené l'opération avec beaucoup de sagesse et de sécurité. Il faut également reconnaître que l'occupation du Maroc oriental et la présence de nos troupes en Moulouya menées par le général Toutée, ont fait peser sur les tribus rifaines une menace non négligeable qui les a dissuadées de se joindre aux révoltés de Fez et a permis l'avancée de la colonne Moinier à moindre frais. Une constante pourtant apparaît: dans un cas comme dans l'autre, à la différence de l'expédition de Pékin et celle plus récente du Congo, la France s'est engagée pratiquement seule avec même une réticence des autres nations (les puissances en 1911; la Belgique en 1978).

Sur le plan politique et diplomatique

Les réactions des puissances qui louchent sur le Maroc, essentiellement l'Espagne et l'Allemagne, ne se font pas attendre. Le 11 juin, l'Espagne, arguant des clauses de la Convention secrète (de 1904) entre Madrid et Paris, envoie deux navires de guerre qui débarquent un corps expéditionnaire à Larache. Il occupe presque aussitôt El Ksar, nous coupant ainsi la liaison Fez-Tanger.

L'Angleterre, malgré l'Entente Cordiale, (Ah, la perfide Albion!), soutient l'Espagne contre nous, n'ayant d'yeux que pour la côte du Rif, en face de Gibraltar et un accord nous est pratiquement imposé le 27 novembre 1911, qui délimite la zone espagnole du Rif.

Plus grave, sous prétexte de protéger les intérêts allemands au Maroc (il n'y a pas plus d'une douzaine d'entreprises, dont les frères Mannesmann et Fick, au total 130 ressortissants dans tout le Maroc), le 1er juillet 1911, une canonnière allemande, avec un corps de débarquement, mouille en rade d'Agadir, canons pointés sur ce qui n'est encore qu'un tout petit port.

L'ambassadeur allemand à Paris remet une note dans laquelle il déclare que le Reich a été contraint d'agir ainsi, du fait de la demande de secours de la colonie allemande du Sous (quatre ressortissants !) qui craint pour sa sécurité : « Notre raison est la même i]ue celle qui a servi à la France pour occuper Fez », déclare-t-il; ce qui est tout de même exagéré car la France a agi avec l'accord du sultan, tandis que l'Allemagne n'est intervenue que de sa propre initiative. C'est ce qui est connu sous le nom de « coupd'Agadir ».

En fait, l'Allemagne tient à peu près ce discours: « à toi Fez, à moi Marrakech ». Mais l'Angleterre se met, enfin, ouvertement à nos côtés et, finalement, après une très longue et difficile négociation, un accord intervient le 4 novembre 1911.

L'Allemagne se désiste du Maroc en échange d'un morceau du Congo. Ce qui fera dire plus tard aux Marocains, avec beaucoup de rancœur: « Vous nous avez échangés contre des Nègres ». Nous sommes passés à deux doigts de la guerre..., de celle qui aura lieu moins de trois ans plus tard.

Sur le plan de la politique coloniale de la France

Rien n'empêche plus la France de poursuivre une politique d'implantation de son protectorat. Rien sinon l'hostilité des Marocains eux-mêmes.Ce qui, évidemment, sous-entend une intervention militaire qui sera longue(6) et coûteuse, pour pacifier et surtout unifier le pays.

Néanmoins, l'opération de Fez en 1911 aura ouvert largement la route à la présence française au Maroc malgré l'obstination de Moulay Hafid jusqu'à la signature du traité de Protectorat de 1912, suivie de l'abdication de ce sultan en août de la même année.

Le Maroc moderne pouvait démarrer. La France n'aura pas conquis le Maroc, mais l'aura simplement unifié au prix de lourds sacrifices, pour le compte de son sultan. Pour la première fois de son histoire, le Maroc devient une nation avec des frontières reconnues. C'était le plus beau cadeau qu'elle pouvait lui faire.

_______________
1/ nom que l'on donne au prétendnant au trône
2/ la Chaouïa voisine
3/ Elles étaint dispensées d'impots, mais evaient en contrepartie fournir des hommes pour mehellas chérifiennes
4/ Charettes è deux roues
5/ Sièges ou branards portés par des mulets
6/Jusqu'en 1934 !

                                                                                          voc@caramail.com

                                                                                              Respectueusement Votre Abdel aziz

Lecri.net
Vers piedsnoirs-aujourdhui
PN-A

 

 

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Commentaires (5)

1. ayman 13/04/2006

moi ayman

2. mustapha 02/05/2006

il fautr avoir honte de copier des t-extes en entier sans metter les sources
le vrai auteur du tesxte est:
Maxime Rousselle
dans la revue l'Algérianiste decembre 2003

3. moh 02/04/2007

mai il nya pas la vérité parce q les hommes du rif qui gagne bou hmara et n es pa le sultann

4. J.P. MICHEL 20/05/2010

Au sujet de Mannesmann et de son neveu Karl Fick, convaincus d'espionnage et de traffic d'armes. Est-il exact qu'ils furent fusillés par les soldats français au nord de Casablanca, aprés Aïn Sebbah, en un lieu qui s'appelle depuis "le Rocher Mannesmann" (peut être que maintenant ce nom a été changé). Merci de cette précision historique qui pour moi est importante. Merci également pour votre article et votre esprit de synthése.

5. Moummanow 02/10/2011

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